Publié le 21 janvier 2025 Mis à jour le 23 janvier 2025

de Patrick Rozenblatt

Au travail, et dans la joie s’il vous plaît, sous l’emprise des technologies de communication et surveillance, il faut désormais être à disposition de l’employeur 24 heures sur 24, sept jours sur sept et même lors de ses congés. A contrario de cette réalité, s’enchaînent les discours patronaux et étatiques présentant la vie quotidienne comme de moins en moins contrainte par le temps de travail.
Loin de cette arnaque, ce livre explore comment, depuis 1968, s’est déployé un processus d’intrusion du travail capitalistique dans notre quotidien. Associé aux pratiques managériales, qui font de l’urgence la norme dans l’organisation du travail, le travail totalitaire engloutit la moindre parcelle de liberté de notre temps quotidien. Il s’accapare notre intimité jusque dans l’offre et la consommation de loisirs planifiés et minutés. Il fait de nous des « esclaves modernes ».

Le Travail totalitaire explique en quoi la bataille pour l’émancipation ne peut plus se satisfaire de la seule réduction quotidienne du temps de travail. Une critique radicale de la vie quotidienne devient ainsi la condition indispensable pour qu’advienne une société démocratique.
 
Patrick Rozenblatt, engagé dans le mouvement social, a notamment participé à la fondation d'Agir ensemble contre le chômage (AC!) ainsi qu'à la création, à la fin des années quatre-vingt-dix, de L'Insoumis, un journal pour la démocratie. Sociologue du travail, professeur émérite de l’Université Lumière Lyon 2 et chercheur au Centre Max Weber, il a dirigé l’Institut d’études du travail de Lyon (IETL) et créé un master interdisciplinaire sur les inégalités et les discriminations.